
Ménage de printemps
Je vois les gestes lents par lesquels tu t’installes
Tel objet s’étonner de te voir le saisir
Se blottir dans tes mains comme des nids de plume
Sans deviner dans quel équilibre nouveau
Ta ruse ou ton caprice osera l’insérer
Un livre entre tes doigts palpite étonnamment
Je vois une pendule éprise de vertiges
Secoué le bouquet sec de lavande secrète
Les parfums des chaleurs sur les premiers sillages
Où l’argileuse terre encore tombe en blocs
Les œufs livrent leur jaune à ta paume tremblante
Dans tes bras qui s’écartent se pose
l’armoire
Les draps sont la fraîcheur éternelle
des draps
La moindre porte cède à des apparitions
Et je découvre enfin que la table est en bois
Tu es ce que je vois d’un regard inconnu
La mèche d’un espace jamais
déplié
Sur les traînées de poudre au lieu de tes
empreintes
Lorsque même tes pauses me photographient
Brûle comme un départ du temps dans la
mémoire
Ta lecture immobile a fait des coins aux pages
Quand je relis les marges où tremblent tes notes
Où je crois surprendre une ombre de ton esprit
Toi le matin du chant la verdure inédite
L’avant-goût du bonheur le futur
déjà ruine
©
par Studio
d'Azy