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Jéroboam





Que cessent là les jérémiades
Il ne faut jamais partager
On ne partage jamais rien
Et surtout pas les souvenirs
Que cessent là les jérémiades

Mélancolie Jéroboam
Crèvent les fûts de la passion
Le Christ est mort et point de larmes
Il faut mourir alors vivons
Mélancolie Jéroboam

Nous sommes las des perditions
Nous ne voulons pas revenir
Ni sur nos pas ni sur nos fautes
Nous sommes las mauvais apôtres
Nous sommes las des perditions

Nous avons cru la forêt grande
Et le lac pur et la mer d’anges
Peuplée de sculptures aquatiques
De charmes qui viendraient un jour
Nous avons cru la forêt grande

Et puis alors qu’importe donc
Que nous fuyons seuls dans les fosses
Que nous affrontions les désastres
De notre propre insuffisance
Et puis alors qu’importe donc


Sous la laiteuse fente aux cieux
Allons-nous nous asseoir encore
Jusqu’à y voir les vains trésors
Qui nous ont plu jusqu’à y croire
Sous la laiteuse fente aux cieux

Allons-nous nous sucer la moelle
Le sang la liqueur ancestrale
Allons-nous vaincre nos natures
Serons-nous propres et sans ratures
Allons-nous nous sucer la moelle

Allons-nous croire à d’autres vœux
Et pour réinventer l’amour
Retomber dans la vieille impasse
Où le squelette est à genoux
Allons-nous croire à d’autres vœux

Soyons sereins et cannibales
Le ciel est mûr pour la moisson
Dévorons l’histoire des fous
La nef est pleine embarquons-nous
Soyons sereins et cannibales





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