
Réveil
ce matin face sanglante
je rends mon corps en charpies
à la lumière du jour
qui connaîtra ce visage
verra sous les cicatrices
les traits de l’autre qui crut
pieusement l’éternité
merveille pure en attente
prosterné dans l’ignorance
je me suspens anonyme
au renouveau du soleil
et ma pensée indicible
cahote sur les remous
d’une prison blanche et vide
vers la surface à tâtons
les batailles de la nuit
sont mes récents souvenirs
je ne me suis qu’un guerrier
abandonné au combat
qui s’éveille en plein désert
lorsque le combat est clos
autour de moi la poussière
soulève des rangs de tombes
où se répète mon nom
les échos se perpétuent
un long ronflement funèbre
me demandant si je dors
dans les remous de mes rêves
je vois passer des rayons
d’un horizon chimérique
je fixe l’ondulation
sous les rideaux de chaleur
l’air salé mord mes blessures
©
par Studio
d'Azy