
Pointe du Raz
L’amour de la vie m’a quitté,
L’amour la vie, est-ce un métier,
Faut-il se dire où tout commence
Qu’un jour viendra, lumière rance,
Le temps de compter les regrets,
Le temps de choir sous le cyprès
De la mémoire, sous le cancer,
Loin du feuillage et des éclairs?
Faut-il se dire et tout s’en va,
Et je le sais et je suis là,
Faut-il se dire la beauté
Au creux des coquilles salées,
Des amertumes visionnaires,
Elle s’en va, je puis tout faire,
Rien ne pourra rien retenir,
J’ai l’éternité pour en rire?
La raison veut croire au possible
Et prendre l’ignoré pour cible,
La raison qu’il faut continuer,
Prendre le temps dans les nuées.
Mais rien à faire, je me retiens,
Aujourd’hui fin des lendemains,
Je m’atterre au bord de la mer,
Qui giffle en moi l’hurlant enfer.
Dans les étreintes de la fuite,
Je tente encore une poursuite
Et quelque feinte où nous blottir,
Moi et le glas du souvenir.
Résonne mon corps démembré,
Ecartèle-toi dans l’après,
Sois une étoile en extinction,
Un gouffre las de perdition...
Pointe du Raz, port de plaisance
Où se promène mon errance.
©
par Studio
d'Azy