
Sur le tombeau
A la Toussaint vivent les morts
Et sur la terre on plante encore
Des yeux pénétrés de regret
Dessus la tombe on penche un peu
A peine le temps d’un bouquet
Aux pensées tues qui s’évaporent
Sous un couvercle on se fait croire
Absorbé comme en un miroir
Qu’est conservée vernaculaire
Une parole irremplaçable
Quand vainement l’esprit se cogne
Au radotage sans vergogne
Et l’on ajuste quelques fleurs
Qui muettes épanchent l’hommage
Que l’impuissance rend aux heures
Le marbre pierre d’illusions
Ses veines sans palpitation
N’entamant jamais le mystère
La mémoire ouvre le visage
De ce qu’on laisse dans l’errance
Les pas s’effritent dans le sable
On s’en retourne plus brisé
Qu’une statue de médusé
Du lieu ou gît toute l’absence
©
par Studio
d'Azy