
Supposition
Si mon sort est lié à celui d’autres
hommes
Qui échappent au temps à l’histoire et
aux heures
Des hommes déjà venus des hommes à
venir
Si mon sort est le même avec sa différence
D’autres hommes viendront sont venus sont mes
frères
Qui poseront encore en choisissant ces mots
Les terribles accords et les questions aveugles
Qui se croient solitaires et se croient inédites
Dans le concert des anges où nous sommes unis
Chamanique est aussi le serpent sur la berge
Qui voit filer le temps dans les plis du courant
Les masques la passion et l’affreuse douleur
De l’horrible égarement des miroirs
intérieurs
La cyclique prison l’illusion perpétuelle
De se croire seul de se croire mort de n’être pas
vivant
Si je suis d’autres temps si je suis d’autres vies
Si les pleurs ne sont pas plus la fin que le rire
Au début ne commence rien d’autre qu’une
suite
Lointaine et sans écho isolée dans
l’oubli
Comme un fin diapason blotti dans du coton
Alors qu’importe l’heur de mes
péchés de mes ivresses
Pourvu que j’ai au front la marque des damnés
Ou le flou d’allégresse qui tous deux nous unissent
Qu’importe que la mer semble se retirer
Que les parfums des airs n’aient plus rien à
céder
Que les voies de la terre soient creuses comme les cieux
Que le firmament blême ne puisse plus dire adieu
Qu’importe la parole pourvu qu’au fond de moi
Ce soit au fond de ceux qui l’ont vu avant moi
Ce soit au fond de ceux qui le verront pour deux
©
par Studio
d'Azy